Je viens de terminer le livre de S. Dehaene, intitulé "Les neurones de la lecture". Il me faudrait sans doute plusieurs relectures pour intégrer parfaitement l'ensemble des concepts développés. J'ai néanmoins appris beaucoup de choses, notamment sur les zones neurologiques importantes qui permettent, au final, d'accéder au sens des mots que nous lisons. La rapidité du lecteur devenu "expert" à force d'entraînements répétés, donne l'impression d'une reconnaissance globale des mots. Ce n'est pas le cas ... L'explication des hypothèses de travail basées sur des recherches antérieures et sur des expériences menées en laboratoire sont, à mon sens, convaincantes. Comprendre sur le plan scientifique, les mécanismes de la lecture, c'est intéressant (même indispensable ?) pour aborder l'apprentissage en choisissant les meilleures options (méthode syllabique) tout en sachant reconnaître les difficultés transitoires (lettres en miroir) ou persistantes (en cas de dyslexie), qui en découlent.
J'ai souris en lisant le passage sur les troubles phonologiques. L'auteur évoque, à titre d'exemple, la confusion entre "pa" et "ba". Ce jour-là, je devais conduire Solène à la pisine. Elle me demande ce que j'ai mangé à midi. Je réponds "un sandwich", tout en démarrant le moteur. Elle me répond en riant : "un caniche ? ben non, un caniche, c'est un chien, ça ne se mange pas" ... Eclats de rire ! Il y a bien un lien en dysphasie et dyslexie ...
A la lecture de ce livre, je suis confortée dans l'intuition qu'il faut poursuivre l'entraînement régulier, tant en lecture que dans d'autres matières parce qu'on sait que le cerveau de l'enfant est "transformé" par les apprentissages. L'idée du recyclage neuronal, un peu comme si le cerveau pouvait être reprogrammé permet de repousser des limites qui, au premier abord, semblent accablantes.
Prochaine lecture : la bosse des math, du même auteur.
lundi 27 février 2012
jeudi 23 février 2012
Super héros
L'auteur de La mare aux mots, blog formidable que je lis chaque jour avec curiosité et beaucoup de plaisir propose un petit concours qui consiste à inventer le nom d'un super héros, son histoire et ses pouvoirs.
J'ai mis Solène au défi et presque sans réfléchir, elle m'a répondu : "mon super héros, c'est M., bien-sûr, parce qu'il me protège [des méchantes filles] et m'apporte des petits chocolats !". Le petit M, copain de classe de Solène serait certainement très fier d'apprendre qu'il est un super héros. C'est bien plus valorisant qu'un prince de conte de fées !
A mon tour de me prêter au jeu.
Je rêve de rencontrer Superlami (diminutif du Marsupilami, inventé par Solène) qui me dupliquerait le matin, tel un copier-coller et me recomposerait le soir. Le jour, je serais à la fois femme active pour la société et mère de famille disponible, sans être déchirée en permanence entre ces rôles. Le soir, je m'endormirais paisiblement avec un sentiment d'accomplissement ...
Qui est votre super héros ?
J'ai mis Solène au défi et presque sans réfléchir, elle m'a répondu : "mon super héros, c'est M., bien-sûr, parce qu'il me protège [des méchantes filles] et m'apporte des petits chocolats !". Le petit M, copain de classe de Solène serait certainement très fier d'apprendre qu'il est un super héros. C'est bien plus valorisant qu'un prince de conte de fées !
A mon tour de me prêter au jeu.
Je rêve de rencontrer Superlami (diminutif du Marsupilami, inventé par Solène) qui me dupliquerait le matin, tel un copier-coller et me recomposerait le soir. Le jour, je serais à la fois femme active pour la société et mère de famille disponible, sans être déchirée en permanence entre ces rôles. Le soir, je m'endormirais paisiblement avec un sentiment d'accomplissement ...
Qui est votre super héros ?
mercredi 22 février 2012
Festival Anima - Zarafa
Les vacances sont toujours les bienvenues. Rien d'intensif au programme de cette semaine, en dehors des parties de Lynx (Educa), de Hop, hop, hop (Djeco) et du Petit verger (Haba) avant le coucher ! Les cortèges et autres activités carnavalesques se multiplient en cette période mais aucun de nous trois n'est attiré par le folklore local.
Je préfère la programmation variée du festival Anima. Parmi les films projetés dans les petites salles des Grignoux, à Liège, sur base des extraits, mon choix s'est porté sur l'histoire de la petite girafe Zarafa. C'était la première fois que nous allions ensemble au cinéma. Solène était prête à apprécier une histoire sur grand écran. Le niveau sonore des petites salles est nettement plus supportable que dans les grands complexes. C'était gai, un plaisir partagé dont je garderai un très bon souvenir.
Je préfère la programmation variée du festival Anima. Parmi les films projetés dans les petites salles des Grignoux, à Liège, sur base des extraits, mon choix s'est porté sur l'histoire de la petite girafe Zarafa. C'était la première fois que nous allions ensemble au cinéma. Solène était prête à apprécier une histoire sur grand écran. Le niveau sonore des petites salles est nettement plus supportable que dans les grands complexes. C'était gai, un plaisir partagé dont je garderai un très bon souvenir.
dimanche 12 février 2012
C'est bien ? C'est très bien ? C'est très très bien ?
Dès que Solène a fourni un effort en classe, chez la logopède, à la piscine, à la maison, elle attend des félicitations appuyées. Elle insiste : "c'est bien ?, très bien ?, très très bien ? t'es contente de moi ? ".
Sa hantise de l'échec est toujours présente, elle ne supporte pas les erreurs ou les remarques, par peur de déplaire. Elle est impatiente, elle veut réussir immédiatement. Solène pleure quand madame souligne une faute dans un exercice. À la piscine, après chaque longueur, elle demande si elle a bien nagé. J'ai remarqué qu'elle insistait d'autant plus qu'elle avait conscience d'un résultat "moyen" ... Ça tourne à l'idée fixe. Sur le moment, nous devons parfois nous montrer plus fermes et lui dire clairement "stop, tu peux mieux faire, on n'en parle plus ", pour l'aider à fixer ses pensées ailleurs.
Patiemment, nous expliquons qu'un élève est là pour apprendre, qu'il a le droit de se tromper, c'est normal de faire des fautes, que personne n'est fâché ou triste. Nous essayons aussi de lui apprendre la nuance entre : bien, très bien, excellent, ... Ceci résume notre manière d'intervenir avec Solène. Il faut sans arrêt passer du mode "go" qui signifie : motiver, pousser, booster au mode "stop" synonyme de tempérer, calmer, freiner.
Sa hantise de l'échec est toujours présente, elle ne supporte pas les erreurs ou les remarques, par peur de déplaire. Elle est impatiente, elle veut réussir immédiatement. Solène pleure quand madame souligne une faute dans un exercice. À la piscine, après chaque longueur, elle demande si elle a bien nagé. J'ai remarqué qu'elle insistait d'autant plus qu'elle avait conscience d'un résultat "moyen" ... Ça tourne à l'idée fixe. Sur le moment, nous devons parfois nous montrer plus fermes et lui dire clairement "stop, tu peux mieux faire, on n'en parle plus ", pour l'aider à fixer ses pensées ailleurs.
Patiemment, nous expliquons qu'un élève est là pour apprendre, qu'il a le droit de se tromper, c'est normal de faire des fautes, que personne n'est fâché ou triste. Nous essayons aussi de lui apprendre la nuance entre : bien, très bien, excellent, ... Ceci résume notre manière d'intervenir avec Solène. Il faut sans arrêt passer du mode "go" qui signifie : motiver, pousser, booster au mode "stop" synonyme de tempérer, calmer, freiner.
samedi 11 février 2012
En tête-à-tête avec un ange
Nous étions effarées, en colère, elle comme moi, coincées dans l'engrenage des examens successifs que nos enfants du même âge devaient subir. C'était il y a 3 ans, nous avons chacune à notre tour, vécu des moments mémorables dont on rit aujourd'hui ... Tu rappelles du Dr R ?
Nous étions aux abois, en manque de repères, un peu "échouées", à la recherche d'informations cohérentes, à la recherche d'autres mamans pour parler et peut-être aussi se rassurer un peu. Nous nous racontions par mail. Et puis, face à la réalité d'une situation qu'il fallait admettre, nous avons tracé le début du chemin et cherché de l'aide pour nos petits "hyper-extra".
Remonter 3 ans en arrière, ça paraît loin parce qu'on oublie les détails, parce que les progrès des enfants sont remarquables mais en même temps, les petits "extra", on les voit, on les entend, on les vit tous les jours. C'était gai d'évoquer notre quotidien avec légereté hier, au coin du feu, pas loin des boxes ... Tu as une fameuse énergie pour éduquer tes petits gars tout en exerçant un métier aux horaires aussi ingrats. Chapeau !
Nous étions aux abois, en manque de repères, un peu "échouées", à la recherche d'informations cohérentes, à la recherche d'autres mamans pour parler et peut-être aussi se rassurer un peu. Nous nous racontions par mail. Et puis, face à la réalité d'une situation qu'il fallait admettre, nous avons tracé le début du chemin et cherché de l'aide pour nos petits "hyper-extra".
Remonter 3 ans en arrière, ça paraît loin parce qu'on oublie les détails, parce que les progrès des enfants sont remarquables mais en même temps, les petits "extra", on les voit, on les entend, on les vit tous les jours. C'était gai d'évoquer notre quotidien avec légereté hier, au coin du feu, pas loin des boxes ... Tu as une fameuse énergie pour éduquer tes petits gars tout en exerçant un métier aux horaires aussi ingrats. Chapeau !
dimanche 29 janvier 2012
Livre ou dessin animé ?
Les applis de l'Ipad qui rencontrent le plus de succès auprès de Solène sont, sans surprise, des e-books que je sélectionne sur base des commentaires de la souris grise, de Declickids, et autres sites spécialisés.
Solène aime beaucoup Stella et Sacha, 2 enfants qui l'emmènent dans 4 petites aventures interactives transposées sur l'Ipad. Ces histoires sont destinées à un public plus jeune, ce qui explique la lenteur de la narration et l'articulation accentuée. J'aime beaucoup quand Sacha interpelle sa soeur : "Ste-l-l-l-l-a". J'espère que Solène pourra un jour restituer le "l" de la même manière parce qu'aujourd'hui, elle le prononce toujours "ll", comme dans "groseille" ! Solène réalise volontiers un petit puzzle, aligne patiemment les fleurs qui apparaissent et se déplacent dans une flaque d'eau pour former un petit pont, ... Elle travaille la motricité fine en jouant : objectif atteint !
L'histoire de la souris qui voulait manger un chat est un livre numérique qui a directement captivé Solène. Le titre en lui-même est déjà amusant. Durant l'histoire, il n'y a pas d'animation, les images statiques sont joliment dessinées. Le texte est bien construit, le vocabulaire recherché. Combiné aux effets sonores, je trouve que le texte donne vie aux illustrations.
J'ai voulu savoir si le mot "livre" avait encore un sens pour Solène lorsqu'elle touche l'écran pour tourner les pages virtuelles. C'est un dessin animé, bien-sûr ! Quelle naïve, cette maman ...
Solène aime beaucoup Stella et Sacha, 2 enfants qui l'emmènent dans 4 petites aventures interactives transposées sur l'Ipad. Ces histoires sont destinées à un public plus jeune, ce qui explique la lenteur de la narration et l'articulation accentuée. J'aime beaucoup quand Sacha interpelle sa soeur : "Ste-l-l-l-l-a". J'espère que Solène pourra un jour restituer le "l" de la même manière parce qu'aujourd'hui, elle le prononce toujours "ll", comme dans "groseille" ! Solène réalise volontiers un petit puzzle, aligne patiemment les fleurs qui apparaissent et se déplacent dans une flaque d'eau pour former un petit pont, ... Elle travaille la motricité fine en jouant : objectif atteint !
L'histoire de la souris qui voulait manger un chat est un livre numérique qui a directement captivé Solène. Le titre en lui-même est déjà amusant. Durant l'histoire, il n'y a pas d'animation, les images statiques sont joliment dessinées. Le texte est bien construit, le vocabulaire recherché. Combiné aux effets sonores, je trouve que le texte donne vie aux illustrations. J'ai voulu savoir si le mot "livre" avait encore un sens pour Solène lorsqu'elle touche l'écran pour tourner les pages virtuelles. C'est un dessin animé, bien-sûr ! Quelle naïve, cette maman ...
samedi 28 janvier 2012
B comme bobo ...
Le mot "cassé" de la dictée n°7 a pris tout son sens, hier ... Pour une fois, il ne s'agit pas des lunettes, bien que les branches aient souffert ces derniers jours (3 visites chez l'opticien en 10 jours) mais de l'incisive centrale droite de la mâchoire supérieure, dent définitive qui a été un peu abîmée lors d'une chute dans la cour de récréation. Solène a perdu un petit morceau de sa dent, reconstituée le soir-même par la dentiste, qui me disait, avec beaucoup de tact ;-), que c'était ce qu'elle craignait le plus quand ses gamins étaient en âge scolaire ! Je dois dire que je pensais plus encore à la douleur que Solène avait dû ressentir, à la vue du sang qui a dû la choquer et aux soins qui allaient être nécessaires qu'à l'aspect esthétique.
C'est un choc de recevoir un appel de l'école pendant les heures de classe mais nos interocutrices ont d'emblée été rassurantes. Elles ont néanmoins estimé que c'était préférable que je vienne rechercher Solène un peu plus tôt que d'habitude parce qu'elle pleurait beaucoup malgré tous leurs efforts pour la rassurer. Elles ont eu raison de m'appeler. Je les en remercie.
A la maison, Solène pleure rarement, elle oublie vite la douleur. Elle a tellement l'habitude de tomber et de se cogner qu'elle nous rassure elle-même par "ça va, ce n'est pas grave". Ses jambes et ses genoux sont couverts de bleus en permanence. Sa condition d'enfant dyspraxique souffrant d'inattention et d'hyperactivité me rend triste. Je sais qu'elle est sujette à plus d'accidents que les autres enfants, que je ne peux pas être là, à chaque instant, pour la protéger. Par contre, il y a une image que je garde en tête et qui me réchauffe le coeur, c'est la solidarite et l'amitié des petites filles de la classe. Hier, la petite O m'apportait le cartable de Solène pendant que l'institutrice m'expliquait les circonstances de l'accident et au moment de quitter la classe, 4 petites copines ont spontanément quitté leur blanc pour venir embrasser Solène et la serrer dans leurs bras. Là, je craque !
C'est un choc de recevoir un appel de l'école pendant les heures de classe mais nos interocutrices ont d'emblée été rassurantes. Elles ont néanmoins estimé que c'était préférable que je vienne rechercher Solène un peu plus tôt que d'habitude parce qu'elle pleurait beaucoup malgré tous leurs efforts pour la rassurer. Elles ont eu raison de m'appeler. Je les en remercie.
A la maison, Solène pleure rarement, elle oublie vite la douleur. Elle a tellement l'habitude de tomber et de se cogner qu'elle nous rassure elle-même par "ça va, ce n'est pas grave". Ses jambes et ses genoux sont couverts de bleus en permanence. Sa condition d'enfant dyspraxique souffrant d'inattention et d'hyperactivité me rend triste. Je sais qu'elle est sujette à plus d'accidents que les autres enfants, que je ne peux pas être là, à chaque instant, pour la protéger. Par contre, il y a une image que je garde en tête et qui me réchauffe le coeur, c'est la solidarite et l'amitié des petites filles de la classe. Hier, la petite O m'apportait le cartable de Solène pendant que l'institutrice m'expliquait les circonstances de l'accident et au moment de quitter la classe, 4 petites copines ont spontanément quitté leur blanc pour venir embrasser Solène et la serrer dans leurs bras. Là, je craque !
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